20 Jan 10


Edit: English version available below!

Pour ceux qui s’en souviennent, Monsieur le Ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a lancé l’été dernier le Financial Literacy Task Force. Traduction : Les Forces Spéciales de l’Alphabétisation Financière. Visiblement, M. Flaherty a été inspiré des gros «blockbuster» de l’été (G.I. Joe ? ;-) ). Remarquez, l’intention est bonne, soit rééduquer les canadiennes et canadiens à la saine gestion de leurs finances. Vous trouverez le site web de cette escouade spéciale en cliquant ici. Désolée, mais il semble que le bilinguisme n’ait pas été à l’ordre du jour de M. Flaherty… à moins que je n’aie mis mes yeux «d’hommes qui cherche la mayo dans le frigo», pas de lien ni de bouton vers la version française du site.

En ce moment, je lis le livre Cheap : The High Cost of Discount Culture, écrit par la journaliste américaine Ellen Ruppel Shell. Dans son livre, elle nous démontre le coût en termes économique, politique et psychologique de notre penchant pour faire et acheter des choses le moins cher possible. Je n’ai pas terminé le livre, mais jusqu’à présent je dois dire que c’est un électrochoc. Si son livre discute principalement par rapport à l’histoire de cette transformation profonde des moeurs de consommation étatsuniennes, il n’en demeure pas moins que, mondialisation oblige, elle touche également à la dimension internationale. De plus, vivant tout près des USA, notre culture est, veut, veut pas, liée à la leur d’une façon ou d’une autre. Il serait utopique de croire que nous vivons chacun dans notre bocal.

Pour revenir au FLTF de M. Flaherty, le lien avec le livre de Mme Ruppel Shell m’apparaît clair dans un article lu début janvier sur le site Money, lié à la chaîne Argent du groupe TVA. L’article en question est ici. Je vous cite ce passage qui m’a particulièrement frappée :

After a 20-year trend of increased household debt and reduced savings, combined with easy credit and dwindling pension plans, financial planning must be ingrained in Canadians, said Tom Hamza, president of the Investor Education Fund, an arm of the Ontario Securities Commission.


“The recession has caused us to focus on these things to a certain extent, but these problems have been brewing for a long, long time,” he said.


Hamza said that educating children about money matters can help combat some of the damaging examples many parents have inadvertently taught their children over the last two decades.


“That is the exact time period that our household debt levels have gone up, our savings levels have plummeted, and we’ve changed our perspective from ‘Can I afford it?’ to ‘Can I afford the payments?”‘ he said. “That’s the circumstance in which our kids are learning.”

En gros, M. Hamza, président d’une branche de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (merci Robert pour la correction; cet organisme est l’équivalent ontarien de l’AMF au Québec) sécurité sociale ontarienne (les prestations de chômage, invalidité et consorts) affirme que la récession nous a mis le nez sur un problème qui dormait depuis longtemps dans nos chaumières. Ce problème selon lui, c’est l’endettement continu et le délaissement de l’épargne par les ménages canadiens, et que cela s’est amorcé il y a une vingtaine d’années. De génération en génération, les parents canadiens ont donc montré un exemple de plus en plus mauvais en matière de finances à leurs enfants, qui ont continué la chaîne.  D’où l’importance de l’escouade de M. Flaherty pour contrer tout cela déduirons-nous!

Je crois que je vais écrire à M. Hamza pour lui suggérer le livre de Mme Ruppel Shell. Ainsi, il aurait une vision plus globale de la situation, ce qui éviterait de reporter la faute sur des générations de parents qui n’ont fait que donner de mauvais exemples. Ce changement de mentalité, il ne s’est pas fait tout seul. Passer d’une volonté de frugalité et d’épargne à une vie dépensière, d’acheter maintenant payer plus tard ou d’acheter des biens dont on s’accommode d’une absence totale de pérennité intergénérationnelle… cela va bien plus loin que la «simple saine gestion des finances personnelles».

Rappelez-vous : vos grands-parents, arrière-grands-parents… avaient des meubles de leurs parents et aieuls. On se «passait» les robes de mariée de mère en fille. Aujourd’hui, on monte des émissions de télé comme «Say Yes to the Dress» dans la réputée boutique new-yorkaise Kleinfeld où des mariées plongent dans la téléréalité pour magasiner une robe qu’elles porteront une journée… pour des budgets pouvant atteindre la stratosphérique somme de 15 000$, quand ce n’est pas carrément illimité. Ne me faites pas croire qu’un tel changement n’est le résultat que d’une modification culturelle uniquement liée à la chaîne familiale. Il y a quand même des industries qui bénéficient hautement de ce revirement de situation… même pas besoin d’aller à New-York pour le voir. Allez juste au Wall-Mart du coin. D’ailleurs, savez-vous quand Wall-Mart a été fondé?

La crise actuelle est le reflet d’un changement de mentalité qui s’est opéré sur plus d’un siècle. On est loin des deux décennies mentionnées par M. Hemza. On doit l’appréhender sous un spectre bien plus large que celui d’une proportion trop élevée de ménages canadiens qui sont devenus des «analphabètes du budget». Ceci dit, je ne nie aucunement que l’escouade tactique de M. Flaherty ne soit une nécessité. En fait, il est évident que ça l’est, en raison de ce changement que nous avons vécu comme société. Et il est vrai que les connaissances sur la saine gestion des finances personnelles ne font pas partie du quotidien d’une majorité d’entre-nous. Sinon, comment expliquer la hausse des reprises de finance, des propositions de consommateur quand ce ne sont pas carrément des faillites personnelles? La quantité de blogs et sites dédiés au sujet dans le World Wide Web? Par contre, j’ai l’impression que c’est trop peu, trop tard, et que ceux qui détiennent en bout de ligne les cordons de nos bourses n’ont aucun intérêt à court, moyen ou même long terme à nous voir changer nos habitudes de (sur)consommation.

Au Québec, dans nos réformes du curriculum scolaire en série qui ont suivi la prise en charge de l’éducation par l’état pendant la révolution tranquille, on a progressivement éliminé les cours d’économie familiale, de formation personnelle et sociale et d’éducation physique. Les ultraféministes criaient au scandale que l’on n’enseigne qu’aux femmes la couture, et la cuisine en économie familiale, on a eu des gens qui ont chialé que la pratique sportive grugeait le temps des matières essentielles comme le français et les maths et que les orienteurs étaient là pour accompagner les jeunes dans leur futur développement professionnel.

Résultat? Aujourd’hui, on nombre effarant de citoyens (hommes ET femmes) sont incapables de faire un bas de pantalon, bien coudre un bouton, cuisiner intelligemment avec les aliments économiques et de saison… en arrivant à l’instant crucial des premiers choix de carrière, les jeunes ne savent plus où donner de la tête parce qu’ils ne savent rien faire d’autre que ce qui dépasse le cadre de leurs manuels scolaires ou de leurs activités sociales (avec les coupures, il y a 1 orienteur pour 500 élèves, à temps partiel en moyenne), et ajoutons-en une couche avec une population de plus en plus obèse, qui mange mal et bouge peu… et j’en passe. On paie pour faire faire nos bas de pantalons, on achète des plats cuisinés industriellement qui nous font grossir et nous font péter le taux de sodium et on a des problèmes de manque de main d’oeuvre dans certains domaines (majoritairement dans les métiers) et des décrocheurs à la pelle…

Ne me dites pas que tout cela s’est fait sur 20 ans, et qu’aucun intérêt politique ni commercial n’a influencé les pratiques familiales… que ça s’est fait dans le vase clos du giron familial. Come on! :-)

As promised… English version now ;-)
For those who remember, the Minister of Finance, Mr. Jim Flaherty, launched last summer’s the Financial Literacy Task Force. Obviously, Mr. Flaherty was inspired by last summer’s big blockbuster (GI Joe? ;-) ). Honestly, I think his intentions were good: re-educate Canadians to manage their finances. You will find the website of this special squad by clicking here. Sorry, but it seems that bilingualism was not on Mr. Flaherty’s agenda … maybe I had my ”men seeking the mayo in the fridge” glasses on, there is no link or button to the French version of the site.

At the moment I’m reading ”Cheap: The High Cost of Discount Culture”, written by American journalist Ellen Ruppel Shell. In her book, she shows us the cost in economic, political and psychological our propensity to make and buy things as cheaply as possible. I have not finished the book yet, but so far I must say that it is a shock. If her book discusses mainly from the history of this deep transformation of consumption habits of U.S. citizens, she, according to globalization movement, also discuss the international aspect. Furthermore, living near the U.S., our culture is related to their one way or another. It would be utopian to believe that we all live in our own jar.

About Mr. Flaherty FLTF, the link with the book of Mrs. Ruppel Shell appears clear to me: I was reading an article in early January on MONEY. The article is here. I quote this passage that particularly struck me:

After a 20-year trend of increased household debt and reduced savings, combined with easy credit and dwindling pension plans, financial planning must be ingrained in Canadians, said Tom Hamza, president of the Investor Education Fund, an arm of the Ontario Securities Commission.

“The recession has caused us to focus on these things to a certain extent, but these problems have been brewing for a long, long time,” he said.

Hamza said that educating children about money matters can help combat some of the damaging examples many parents have inadvertently taught their children over the last two decades.

“That is the exact time period that our household debt levels have gone up, our savings levels have plummeted, and we’ve changed our perspective from ‘Can I afford it?’ to ‘Can I afford the payments?”‘ he said. “That’s the circumstance in which our kids are learning.”

Basically, Mr. Hamza, president of a branch of the Ontario Securities Commission , says that the recession has put everyone attention on an issue that has long been dormant in our homes. This problem he said, is continuing indebtedness and the neglect of savings per Canadian household, and it began two decades ago. From generation to generation, Canadian parents have thus shown an example of increasingly bad financial matters to their children, who continued the chain. Hence the importance of Mr. Flaherty squad we might think!



I think I’ll write to Mr. Hamza to suggest  Ms. Ruppel Shell’s book. He would have a more global view of the situation, avoiding to defer the blame on ”generations of parents who gave bad examples”. Such a change in mentality does not happen just like that. Moving from commitment to frugality and savings to a spendthrift life, buy now pay later or to buy assets it accommodates a total lack of intergenerational continuity … it goes far beyond “mere sound personal financial management”.

Remember: your grandparents, great-grandparents … got furniture from their own parents and grandparents. They were “passing” the bride dresses from mother to daughter. Today, we watch TV shows like “Say Yes to the Dress”, held in the famous New York Kleinfeld boutique where brides plunge into reality TV, shopping for a dress they will wear one day … with budgets up to the stratospheric sum $ 15 000, if not simply unlimited. Do not try to make me believe that this shift is the result of a cultural change only related to the family values evolution. There are still industries that benefit highly from this turnaround … you don’t even need to go to New York to see it. Just go to Wal-Mart on the corner. Besides, do you know when Wall-Mart was founded?



The current crisis reflects a deep mentality change that has taken place over a century. It is far from the two decades mentioned by Mr. Hemza. We must bring it within a spectrum far wider than that the only problem is a too high proportion of Canadian households have became ‘financially illiterate’. That said, I do not deny that Mr. Flaherty’s squad tactics is a necessity. In fact, it is obvious that it is because of this change we have experienced as a society. And it is true that knowledge about personal financial management is not part of daily life for a majority of us. How else can we explain the rise in times of consumer proposals, when they are not outright bankruptcies? The stunning amount of sites and blogs dedicated on this subject on the World Wide Web? For cons, I feel it’s too little, too late, and those who have ultimately cords of our scholarships have no interest in the short, medium or even long term that we change our (over) consumption habits.



In Quebec, our series of reforms of the school curriculum that followed the support of education by the state during the Quiet Revolution, gradually eliminated some classes: home economics, personal and social education and physical education. The ultrafeminists yelled that it was scandalous to taught to women sewing, cooking and home economics, there were people who sniveled sport that eats into the time of core subjects like maths and French and that the counselors were there to support youth in their future professional development.




Result? Today, staggering number of people (men AND women) are incapable of making a bottom trousers, sewing a button, cooking foods with economic and seasonal food … arriving at the crucial moment of the first choice of career, young people no longer know where to turn because the cannot do anything else but what is beyond the scope of their textbooks or their social activities ( with the cuts, there is 1 counselor for 500 students, part-time average), and let us add a layer with a population more and more obese, eating poorly and not moving anything but their fingers on their computers… and so on. We pay to make our pants adjusted, you buy commercially prepared dishes high sodiums and there are problems of lack of manpower in some areas and bunches of dropouts on the other side…


Do not tell me that all this happened within 20 years, and no political or commercial interest has influenced the family practices … that it all happened in the family nest. Come on! :-)



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Filed under: Budget mon ami,Société

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8 Commentaires.

  • The Financial Blogger says:

    Article très intéressant!

    Ce que je trouve comique, c'est l'incohérence fragrance du gouvernement:

    #1 nous constatons une hausse de l'obésité chez les jeunes.

    #2 nous coupons les cours d'éducations physique…. right!

    Fait que j'imagine que le plan est de faire "suer" les jeunes avec plus de cours de français ;-) LOL!

    On devrait ajouter des cours de finances personnelles (qui sait comment faire un budget ou comment utiliser une carte de crédit raisonablement à 15 – 25 ans?)

    dislaimer: je ne sais pas coudre, même avec les cours d'économie familiale…. rien de mieux que le nettoyeur pour ça!

  • Mama-Zen says:

    Merci :-)

    Je fais partie des dernières génération à avoir eu un mini cours de couture à l'école… aujourd'hui, même si ça m'est rarement utile, je peux dire que ça m'a sauvé une couple de 10$ par ci par là ;-)

    Mais il me semble que justement dans ces fameux cours de maths et d'économie, avant de nous apprendre à lire les cours de la bourse (hé oui! j'ai appris ça au secondaire!), ils devraient nous enseigner la base des finances et surtout le fonctionnement du crédit (hé non, je n'ai pas appris ça à l'école, mais bien en lisant les pattes de mouches au dos de mon relevé de carte Visa!)

  • Robert says:

    Vous avez écrit que M. Hamza fait parti de la: "sécurité sociale ontarienne (les prestations de chômage, invalidité et consorts)". Il s'agit, en fait, de la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario. Petit mis-au-point.

    Pour ce qui est de l'alphabétisation financière du grand public, j'en dis "good luck." Le grand public s'en fiche, tant que ses paiements menseuls sont abordables. Il est vrai que la récente crise a souligné les erreurs financières qu'on commet tous dans notre société, mais il est impossible d'éduquer quelqu'un qui n'en veut rien savoir.

    La réponse? Ni M. Flaherty, ni aucun politique, puisse influencer de facon permanente les habitudes des citoyens. Ni les impots, ni les taxes, ni les rabais vont inciter les canadien(ne)s à emprunter moins, tant que les cartes de crédit seront sur offert. Certes, les écoles pourraient offrir des cours de cuisine ou de gestion de budget, mais quel éleve le suivrait? Personellement, c'était à l'age adulte que j'ai fait le choix d'apprendre a cuisiner. Pareil pour la gestion des finances. Personne n'a du m'obliger.

    Vous avez fait référence aux changements lors des dernieres cent années. A mon avis, le changemenet le plus radicale (en rapport a votre sujet), c'était l'introduction de la carte de crédit (à la meme epoque de la fondation de Wal-Mart). De plus, les banques ont plus facilement preter de l'argent, surtout avec l'aide du CMHC. Si on est la génération dette, c'est parce qu'on a plus grand acces à la dette, à la différence des nos aieuls.

    La solution universelle à mon avis : réstrictions et régulation sur les cartes de crédit et toutes sortes de dettes. Est-ce que les banques accepteraient? Cela ne m'importe pas trop, puisque j'ai déja fait le choix personnel de n'avoir qu'une seule carte de crédit et de payer a 100% chaque mois.

  • petitesoeur says:

    C'est facile de toujours TOUT mettre sur le dos des "pauvres" gens !!! ;-)

  • Val says:

    Excellent article Mama-Zen, vraiment chapeau! Tu as beaucoup à dire sur le sujet, des points très pertinents et je ne pourrais pas ascender plus dans ton sens, ainsi que dans ceux qui ont laissé des commentaires.

    Le cours de gestion de finances personnelles devrait être obligatoire et non pas optionnel, au même titre que les maths ou même les cours de civisme (obligatoires dans l'éducation Française). À mes yeux il s'agit d'une façon de préparer ses enfants pour le futur, un complémentaire au guide parental. C'est aussi important que de savoir lire… Après tout ça se rapporte beaucoup au fait de savoir compter!

    Une petite note, le premier lien dont tu parles sur "l'escouade spéciale" n'existe pas.

    Je m'en vais de ce clic fouiller plus avant dans tes liens :-)

    Merci!

  • Mama-Zen says:

    @Robert
    Merci de votre commentaire et de votre précision pour la commission des valeurs :-) en effet, j'avais mal compris. Et oui, j'abonde dans votre sens en ce qui concerne la restriction à l'accès au crédit. Mais je maintiens que socialement, il serait un service à nous rendre que d'inclure à nouveau dans le cursus scolaire les cours d'économie familiale au secondaire, ainsi qu'un cours sur les finances. J'ai eu ma première carte de crédit par un stand de sollicitation au cégep, et je ne savais pas du tout comment le calcul des intérêts fonctionnait. Oui les parents ont leur rôle à jouer, mais socialement nous sommes tous dans la merde en ce moment à cause du crédit et du mauvais usage que nous en avons fait. Cela prend un momentum de groupe, et je crois que le système scolaire peut nous aider à créer une masse critique de citoyens conscientisés face au crédit.

    @petitesoeur
    En effet, on a le dos large hein comme citoyens ;-) encore plus comme parents! Parfois, à les lire on se croit de pauvres cons irresponsables.

    @Val
    Merci :-) Je vais aller vérifier pour le lien qui ne fonctionne pas? Ils ont peut-être retiré l'article? Quand ce n'est pas assez lu, ils n'archivent pas toujours…

  • Wonder Lisette says:

    Bonjour Mama Zen !

    Voilà un bon bout de temps que je lis tes commentaires sur le blog de Val.

    Et là je découvre ton blog (enfin le temps !) Ton article est vraiment super intéressant.

    En Belgique (et en Europe en général), l'analphabétisme en matière de finances personnelles est très grave aussi. La CE a d'ailleurs mis en ligne un site d'éducation du citoyen consommateur : http://www.dolceta.eu. Quand on lit les tutoriaux sur ce site, on se rend compte de l'étendue du problème. Certaines notions sont carrément basiques. On pourrait donc assumer qu'elles sont connues de tous. Apparemment, c'est loin d'être le cas !

    Je crois d'ailleurs que la mauvaise gestion n'est pas qu'une affaire privée. Les états AUSSI ont de gros problèmes dans le domaine de la gestion et des dettes. Et ça a débuté BIEN AVANT la crise de 2007-2008 !

    J'ai lu dans le journal financier L'Echo (www.lecho.be) de ce samedi une interview de Gillian Tett, rédactrice en chef du Financial Times à Londres (une femme et un point de vue tranché : enfin !) Quand on lui demande quelles leçons tirer de la crise, Gillian Tett répond : " On a assisté, ces 10 à 15 dernières années, à une révolution totale dans la manière de faire de la finance. Alors qu'avant, les banquiers octroyaient des prêts "classiques", financés par un intérêt, ils ont commencé, dans les années 90, à morceler les dettes pour les intégrer dans des produits financiers complexes. Au cours des 7 premières années, cette nouvelle pratique a permis aux banques de prêter beaucoup plus d'argent qu'auparavant. La nombre de crédits sur le marché a augmenté en flèche. Très peu de personnes réalisaient cependant l'ampleur du phénomène et comprenaient les mécanismes en place. C'était un monde opaque et complexe. Avec la crise, il s'est figé, montrant ses limites."

    Parce que l'occasion fait le larron, comme on dit. Le changement dans les modes de consommation n'est pas venu par hasard. La Finance l'a pour ainsi dire "poussé dans le bec" des marchés (c'est-à-dire, des consommateurs occidentaux). Il fallait bien faire venir ces "véhicules complexes" de quelque part, pour en tirer du fric.

    Et pour finir, l'économie domestique à l'école : je connais personnellement le problème. J'ai eu des cours de couture et de cuisine quand j'étais à l'école. Sauf que je ne les ai pas eus à l'école ! J'ai dû les trouver moi-même, en dehors du lycée. Adolescente, je me suis inscrite aux Femmes Prévoyantes et j'ai suivi les cours… après mes cours, en soirée, avec des Dames qui auraient pu être mes grands-mères ! Je sais donc coudre, broder, cuisiner et tenir un ménage "à l'ancienne". Mais je suis une aberration statistique parmi les femmes de ma génération !!! Nombre de mes collègues de travail pensent que la Chantilly c'est un produit en bombe aérosol. Elles sont incapables de recoudre un bouton et utilisent des "wipes" pour nettoyer la cuisine… :(

    Enfin, les blogs sont là pour ça :D

    En parlant de blog, je mets de ce pas un lien vers le tien.

    Bonne continuation,

    Et merci pour l'article !

    WL.

  • Mama-Zen says:

    Bonjour Wonder Lisette et merci de ton commentaire! Hi hi j'aime bien l'expression «je suis une aberration statistique»!

    Nettoyer une cuisine avec des «wipes»… pour moi, perso, je trouve ça dégoûtant considérant que je suis incapable de prononcer le nom des produits qu'ils mettent dans leurs fameuses wipes. Et quand je dis que je désinfecte au vinaigre chez moi, on me regarde comme si j'étais une extra-terrestre!

    Merci pour le lien, à mon tour d'aller voir le tien ;-) !



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