Croisée des blogs



8 Apr 10

Ce billet est rédigé dans le cadre du festival mensuel À la Croisée des Blogs. Le patient volontaire-organisateur de ce mois-ci est Fred du blog Alteriche. Je souligne patient parce que disons que le sujet du mois a été l’objet de longues discussions (toujours joviales) et que Fred n’a jamais abandonné l’idée de faire aboutir notre réflexion de groupe pour que la croisée aie lieu! :D

Le thème choisi est donc 7 jours pour (points de suspension – insérer votre mot-clef ici). Pour ma part, j’ai choisi 7 jours pour agir. Je trouve que cela me représente bien comme mot, je suis une femme d’action. Réfléchir avant d’agir était un perpétuel défi dans ma jeunesse (ma jeunesse qui n’est pas encore terminée je tiens à le souligner). Bref, dans mon cas, prendre 7 jours pour agir, c’est LONG!

Vous souvenez vous de la télésérie américaine Seven Days, ou en français Sept jours pour agir? Dans cette série du genre fantastique, des scientifiques américains .. continue reading ..

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2 Mar 10


Tout est dans le titre!  Ce billet est rédigé dans le cadre du festival À la Croisée des Blogs, organisé ce mois-ci par DocG du blog En pleine conscience. C’est un groupement de blogueurs du développement personnel et ce festival a lieu une fois par mois, chacun hébergeant à tour de rôle le festival sur son blog.  J’ai déjà participé à d’autres éditions (dont vous pouvez lire les textes dans la catégorie «Croisée des blogs»). Pour ce mois de mars, ce thème m’a beaucoup inspirée et je ne pouvais procrastiner avec un tel sujet! .. continue reading ..

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30 Sep 09


Cet article est rédigé dans le cadre de la Croisée des blogs, organisée ce mois-ci par Olivier du blog Des livres pour changer de vie. Ce n’est pas en lien avec l’aspect financier, mais bien davantage du côté de la croissance personnelle que je vous écrit aujourd’hui… et d’une certaine façon, comment j’en suis arrivée par ces livres à être plus ZEN :-) .


J’ai mis tout le mois de septembre à réfléchir à ce sujet, et c’est avec une légère insécurité que je me lance. Non pas que je ne lise pas de livres. En fait, j’adore lire des livres, mais le but dans lequel je le fait est davantage axé sur le divertissement. Je ne lis pas de façon régulière des livres sur la croissance personnelle. Ce type de livre demande un effort particulier, on ne les lit pas comme un Harlequin! Et depuis quelques mois, je fais davantage des lectures récréatives, gardant mon temps passé sur les blogs du développement personnel pour faire mes lectures plus sérieuses et constructives.


J’ai tout de même choisi de vous parler de trois livres qui ont eu une influence certaine sur ma vie. Il s’agit de : À 10 kilos du bonheur (Danielle Bourque), Demandez et vous recevrez (Pierre Morency) et Le Code Da Vinci (Dan Brown).


À 10 kilos du bonheur

En résumé, ce livre, rédigé par la psychologue Danielle Bourque, parle de l’obsession de la minceur. Elle fait une revue historique sur les changements esthétiques et les exigences passées et présentes de la société occidentale envers le corps des femmes. Elle discute également des causes, des effets et de moyens pour se sortir de cette obsession. Vous devinez probablement pourquoi ce livre a changé ma vie ;-) .

En fait, j’ai souffert pendant de nombreuses années de ce regard déformé que je portais sur moi-même, accentué par des tendances perfectionnistes. Sportive, j’ai toujours eu un physique plutôt musclé. J’étais une de ces filles que l’on a envie de frapper parce qu’elle se plaint d’être grosse alors que c’est faux; j’étais même toute mince (maigre à une certaine époque). Cependant, au lieu d’avoir un physique délicat, le mien me semblait carré et fruste… sans élégance ni féminité quoi! L’image d’une joueuse de rugby à côté d’une danseuse classique, c’était ce que je voyais. Bon, j’étais dans le champ, surtout quand je revois ces photos aujourd’hui, j’arrive même à en rigoler!

Mais vous savez, ce livre, j’ai dû le relire dix fois pour arriver à me sortir de ce cercle vicieux qui nous entraîne à nous déprécier. Je le recommande donc fortement à toutes ces femmes (et hommes pourquoi pas!) qui lorsqu’ils se regardent dans le miroir se disent qu’ils devraient bien perdre 5-10 kilos pour leur bonheur… Aujourd’hui, mon bonheur c’est de manger un carré de chocolat noir sans aucune culpabilité!


Demandez et vous recevrez

J’ai détesté ce livre. Et grâce à lui, je me suis abstenue de me taper le livre «Le Secret» de Rhonda Byrne. Dans son ouvrage, Pierre Morency tente de nous faire vivre un «électrochoc» scientifique afin de changer notre perception du travail, du monde et de l’argent. Je connais pourtant plusieurs personnes qui l’ont bien aimé, mais moi, je l’ai reçu comme un gourou qui donne une conférence remplie de chemins «nouveaux et rapides» pour atteindre le bonheur et bien sûr, l’indépendance financière.

Pourtant, j’étais très enthousiaste lorsque j’ai acheté ce livre. Je me sentais visée, je voulais bien m’ouvrir à d’autres façons de percevoir le monde et la vie en général. Par contre, pour l’idée que les enfants devraient éduquer les adultes et qu’il faut tester sans relâche ce que l’on voit, pense et fait, j’y ai vu du bon, mais en ce qui me concerne rien de bien neuf. J’étais déjà bien au fait que les enfants, de par leur point de vue «vierge» sur le monde, peuvent nous apprendre nombre de choses et souvent nous ouvrir les yeux sur ce que l’on ne peut (veut) pas voir. Cependant, les propos qu’il tient dans cette portion de son livre sont, à mon humble avis, à ne pas prendre pour argent comptant.

Enfin. Ce livre a changé ma vie en ce sens qu’au moment où je l’ai lu, mon conjoint était dépressif et je commençais à trouver ma vie bien morose. J’ai vu ce livre comme le coup de pied qu’il me fallait pour me faire reprendre mon allant. En ce sens, ça a bien marché car parfois les propos de l’auteur m’ont tellement indignée que je suis sortie de cette expérience énergisée au possible! :-D


Le Code Da Vinci

Je devrais plutôt dire le Da Vinci Code, car je l’ai lue en anglais, cette brique! Bon, peut-être que ce titre détonne parmi les autres, mais vous allez comprendre en quoi ce livre a changé ma vie. Je suis de religion chrétienne, catholique… non pratiquante. Il y a quelques années, j’ai vu un film qui a changé ma perception de ma religion, avec laquelle je vivais un malaise grandissant. Ce film, c’était Stigmata (Stigmates en français). Pour faire une histoire courte, depuis mon adolescence je vivais de grands questionnements sur la place que je faisais à la religion dans ma vie, je me suis demandé souvent si je croyais en Dieu. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à répondre à cette dernière question. Je ne sais pas si j’y crois. Mais avec le temps, je suis devenue sûre d’une chose, et c’est une phrase du film Stigmata qui a enfin mis des mots sur mes sentiments.

«Jesus said : I am the light that is over them all. I am the All; the All has come forth from me, and the All has attained unto me. Split a piece of wood and I am there. Raise up the stone, an ye shall find me there.»

Ce film est basé sur l’évangile selon Thomas, et a reçu un accueil aussi «chaleureux» que le livre de Dan Brown. Avec ce film, j’ai compris que mon malaise ne venait pas des croyances catholiques comme telles, ou de ses valeurs, mais bien de tout le système politique qui s’était construit autour, de toutes ces Églises serties d’or et d’œuvres d’adorations qui me mettaient mal à l’aise. Quelques années plus tard, j’ai ensuite lu Da Vinci Code, et bien qu’étant d’abord une oeuvre de fiction, ce livre m’a remuée dans mes croyances. Stigmata m’avait déjà amenée à un nouveau point, Da Vinci Code m’a permis d’aller un peu plus loin dans mes réflexions.


La religion est un sujet sensible partout sur la planète. Pour ma part, je suis emplie de doutes et d’ambivalences, mais contrairement à avant, non seulement je le vis bien, mais cela m’a aidée à tourner une page. Maintenant, j’apprécie les doutes, les craintes et les espoirs que j’ai en la matière.


Voilà, c’étaient les 3 livres qui ont, à ce jour, changé ma vie. Je ne suis pas une critique littéraire, ni une championne du résumé de livre. Je voulais surtout vous partager l’idée générale de chacun, et en quoi ils m’ont touchée et permis de changer à un moment de ma vie. Je vous encourage fortement à aller lire l’article récapitulatif de cette croisée, qui sera publié sur le blog d’Olivier (Des livres pour changer de vie). Qui sait, peut-être lirez-vous de nouveaux livre, ou porterez-vous un regard neuf sur ceux que vous avez déjà lus!


Bonne lecture!

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25 Aug 09


Cet article est rédigé dans le cadre du festival À la croisée des blogs, organisé ce mois-ci par Sylvaine d’Ithaque-Coaching. Le thème du mois est la soif d’apprendre! Nous étions à «forumer» sur les différents sujets, et j’ai été surprise et ravie que ma proposition soit retenue! :-) J’ai déjà hâte de lire les articles des autres blogueurs!

Passons maintenant dans le vif du sujet… Ceux qui me lisent à l’occasion savent que mon conjoint a effectué dernièrement un retour à l’école, à plein temps, et que bientôt ma grande fille entrera à l’école… et moi même je serai de retour sur les bancs de l’Université dès septembre! Pour ma part, ce sera à temps partiel, je suis déjà assez dans le jus comme ça! Bref, maso, mais pas trop la fille hi hi!

En pensant à ce thème, ma réflexion s’est beaucoup orientée sur les questions en lien avec l’aspect motivationnel intimement lié à la soif d’apprendre (ouh on sort les grands mots!). J’ai pensé à mon conjoint qui est comme un poissson dans l’eau dans ses cours, à ma fille qui attend avec impatience ses premiers jours dans la cours des grands… et moi qui n’ai de cesse de penser à mon cours à venir cet automne! Mais d’abord, avant de parler de motivation et consorts, qu’est-ce que l’apprentissage? Et pourquoi la motivation est-elle essentielle à l’apprentissage?

Portrait de la plante…

On a parfois tendance à le confondre avec le concept de l’enseignement. Si l’enseignement vise la transmission de savoirs (connaissances) par le biais de l’étude, d’exercices et de contrôles des acquisitions, l’apprentissage réfère quant à lui à l’acquisition de savoir-faire. Le savoir-faire réfère à la pratique et aux compétences, soit l’utilisation adéquate de différents savoirs en contexte. Par la suite, l’utilisation adéquate d’un savoir-faire en contexte réfère à un savoir-être, comme adopter une certaine attitude ou reproduire des comportements en accord avec des valeurs culturelles précises.

Plante cherche terreau (pot inclus, préférablement…)

Puisque l’enseignant est responsable de l’enseignement, et l’apprenant responsable de son apprentissage, tous deux ont une part de responsabilité dans la construction du contexte d’apprentissage. Pour qu’une plante pousse bien, elle a besoin d’un bon terreau. Pour qu’un apprenant apprenne bien, il a besoin d’un contexte approprié. Un bon terreau est un mélange équilibré de terre, de nutriments et d’air… un bon contexte d’apprentissage offre des activités variées, équilibrées et bien dosées, dont les consignes d’exécution sont claires. L’apprenant disposera de suffisamment de temps pour les accomplir. L’apprenant doit s’assurer d’être physiquement, mentalement et émotionnellement prêt à effectuer des apprentissages. Mais ce n’est pas tout.

Garder le sol humide

Un bon contexte pose de solides bases à l’apprenant. Il peut ainsi être disposé à effectuer un apprentissage, et ne sera pas effrayé par la tâche. Cependant, pour déclencher une soif d’apprendre, un goût d’aller plus loin… bref, une étincelle de motivation, il faut aussi un bon coup d’arrosoir! Mais de quoi? De signification: l’apprentissage doit être signifiant pour l’apprenant. De défi: ni trop peu (c’est plate!), ni trop (ça fait peur!), juste assez pour titiller l’intérêt… et l’orgueuil! D’authenticité: si c’est trop loin de la réalité, que cela ne semble pas être utile, pourquoi s’embarasser de tout cela? D’engagement cognitif: si l’apprentissage se borne à répéter sans réfléchir une liste, pour le défi et la capacité réflexive, on repassera…

Exposition: plein soleil!

Du terreau, de l’eau, un pot… tout cela c’est bien beau, mais il semble que ce ne soit pas complet. Une fois déclenchée, la soif d’apprendre doit être maintenue. Sinon, elle va finir par s’éteindre. On doit donc s’assurer de maintenir la qualité des éléments précédemment énoncés, mais d’y ajouter une touche de «soleil»… Lorsque l’on construit une activité d’apprentissage, il ne faut pas oublier que l’humain est une bibitte sociale, férue d’interactions avec ses semblables et qui aime faire des liens. Bien que certains apprentissages puissent se faire de façon individuelle, idéalement il faudrait y intégrer des possibilités d’interactions, de collaborations et d’interdisciplinarité. Sans oublier, bien sûr, une petite dose de responsabilisation! Pourquoi travailler dur si on ne se sent pas responsable de son éventuel succès?

En résumé…

Si on reprend ce qui est expliqué ci-haut, cela revient à démonter deux points de vue qui ont malheureusement la vie dure…

L’apprenant qui identifie l’enseignant comme responsable de ses succès ou échecs par ses méthodes d’enseignement, ses contenus de cours et ses activités d’apprentissage.

L’enseignant qui identifie l’apprenant comme responsable de ses succès ou de ses échecs par son ardeur au travail, son engagement personnel et son désir de réussite.

La soif d’apprendre puise ses énergies dans la motivation et l’engagement des apprenants et de leurs enseignants.

Rolland Viau, du département de pédagogie de l’Université de Sherbrooke, a dégagé dix conditions essentielles pour motiver un apprentissage, en se basant sur les travaux de plusieurs chercheurs sur la motivation (Stipek, 1998 ; Paris et Turner, 1994 ; McCombs et Pope, 1994 ; Brophy, 1998). On peut s’en servir comme liste de vérification, par exemple lorsqu’un enfant entame sa vie scolaire. On peut également s’en servir lorsque l’on ressent un malaise en contexte d’apprentissage mais que l’on a du mal à identifier ce qui ne va pas.

Une activité d’apprentissage qui génère, entretient et stimule la soif d’apprendre doit:
· être signifiantes pour l’apprenant;
· être diversifiées tout en s’intégrant harmonieusement aux autres activités;
· représenter un défi «juste assez bien dosé»;
· être authentiques, c’est à dire être un reflet de la réalité;
· exiger un engagement cognitif, donc faire sentir à l’apprenant qu’il doit «se servir de sa tête» et non simplement appliquer une procédure toute faite;
· responsabiliser l’apprenant;
· permettre l’interaction et la collaboration;
· être interdisciplinaires;
· comporter des consignes claires;
· se dérouler sur une période de temps suffisante.

Si votre enfant vous dit que l’école «c’est platte», ou que vous même ou un de vos amis vous fait part de son manque d’entrain pour une activité d’apprentissage, prenez le temps de faire une petite «check list»… Par la suite, vous serez outillé pour une petite discussion avec l’enseignant sur ce qui cause la démotivation et, éventuellement, le désengagement envers l’apprentissage.

Cas vécu

Moi, je trouvais le cours d’économie franchement platte. J’y dormais fréquemment. On apprenait à y lire la Bourse, à faire un budget, on parlait même de RÉER. À 17 ans, tout cela était bien loin de me préoccuper: ce n’était pas signifiant, ni authentique par rapport à ma réalité, et souvent je ne comprenais pas un traitre mot des consignes pour les exercices. Aujourd’hui, près de 13 ans plus tard, je regrette de ne pas avoir mis (et que mon enseignante n’ait pas mis) le doigt sur mon «bobo». J’ai appris la gestion des finances personnelles par essais et erreurs, le plus souvent en lisant sur Internet. J’ai compris nombre de chose «a posteriori». Avoir mieux suivi ce cours, j’aurais peut-être évité une partie de mes problèmes financiers actuels. Pas tous (j’ai quand même eu une sacré douche de malchance l’an dernier), mais une bonne partie.

Aujourd’hui, je suis plus attentive à entretenir ma soif d’apprendre sur ce sujet… et sur d’autres : ) ! Et vous?

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18 May 09

Cet article est rédigé dans le cadre du Festival A la croisee des blogs, organisé ce mois-ci par Boréale du blog La fabrique des idées.

Le thème du mois est la procrastination. Plutôt que d’aborder ce thème sous l’angle des personnes qui sont des abonnés du problème, j’ai choisi l’autre bout du spectre. Mon intervention porte donc sur une des façons dont la procrastination peut s’infiltrer dans la vie de gens qui n’avaient jamais vraiment eu ce problème avant d’être confrontés à une situation bien désagréable…

Je crois que je suis en bore-out!

Non, non, non, je n’ai pas fait de faute de frappe! Je ne voulais pas écrire burn-out, mais bel et bien bore-out. Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle bibitte encore?

Dernièrement, j’ai eu l’occasion, dans le cadre de mon travail, de lire quelques articles sur ce nouveau terme expliquant un phénomène pas nouveau mais qui n’avait pas vraiment de mot pour le décrire. Le bore-out, c’est l’ennui au travail. Pas l’ennui occasionnel qui nous pousse à entraîner nos talents de majorette avec crayons et stylos par un après-midi pluvieux… C’est beaucoup plus insidieux et critique que cela.

Le bore-out est un terme inventé et défini par deux consultants allemands, Werder et Rothlin, qui ont déterminé que ce type de situation se produit lorsque les employés vivent une perte d’intérêt envers leur tâche, puisqu’ils perçoivent qu’ils sont dans l’incapacité d’utiliser leurs compétences et d’être reconnus pour leurs efforts. Il s’agit d’un problème sérieux puisqu’il impacte dangereusement la productivité et le moral des employés, pouvant même les mener à la dépression.

Un exemple?

Pascale, appelons-là ainsi pour la forme, mais je pourrais fort bien écrire mon nom en fait puisque cet exemple est extrapolé à partir de ma propre vie de bureau… Pascale, disais-je donc, est à son bureau et s’ennuie atrocement. Tout en tentant de reconstruire Gizeh à l’échelle 1:10 000 avec trombones et post-its, elle se demande bien comment elle a pu faire pour en arriver là en seulement 3 ans dans ce poste de travail?

Lorsqu’elle a été embauchée, elle débordait d’énergie, était passionnée de son travail et ne voyait pas passer les heures, tout occupée qu’elle était à accomplir ses tâches et plus. Car Pascale adore en donner plus que ce que le client demande, elle est comme ça voyez-vous! Et elle se dit qu’ainsi elle donne aux autres l’occasion de constater ses efforts… et sa valeur comme employée.

Mais, le temps passant, sa charge de travail a subi plusieurs réorganisations, et nombre de dossiers ont été réattribués. Ajoutez une couche avec l’arrivée d’autres personnes dans l’équipe avec qui elle doit maintenant partager sa désormais bien maigre liste de dossiers… Pascale a constaté que sa charge de travail, si elle l’exécute à sa vitesse de croisière habituelle, remplit à peine 15-20 heures par semaine… alors qu’elle devrait en faire 35 et qu’avant tous ces changements elle abattait trois fois son ouvrage en 45-50 heures par semaine. Elle l’a signalé à son superviseur, qui a fait monter l’information au niveau supérieur, qui en a parlé aux RH qui ont consulté le syndicat…

Voyez-vous, Pascale travaille dans une grosse boîte très syndiquée, et même si dans son unité on encourage beaucoup les initiatives personnelles, elle a rapidement frappé un mur… Progressivement et insidieusement, Pascale a perdu son enthousiasme et sa motivation, et comme elle déteste ne rien faire mais qu’elle n’a pas assez de travail, elle contourne le problème en s’adonnant à des activités personnelles pendant ses heures de bureau.

Impact du bore-out: l’infiltration insidieuse de la procrastination

Lorsque, comme Pascale, on se retrouve dans une situation de bore-out, on peut facilement tomber dans la procrastination. Cela débute dans la sphère de vie où est présent le bore-out, pour ensuite s’infiltrer insidieusement dans les autres sphères de la vie de la personne. Pour Pascale, cela a commencé à son boulot. Lentement, sa démotivation a envahi sa vie personnelle, puisqu’elle a dû ralentir son rythme de croisière. Lorsqu’elle travaille, elle commence par faire les tâches qui l’intéressent, puis, devant les dossiers qui l’ennuient, elle prend un temps fou à s’installer pour faire son travail, finit par en dévier pour faire des choses personnelles en se disant que de toute façon, elle a bien suffisamment du temps pour le faire.

Et la semaine passe… et Pascale finit par ne rien faire, ou si peu et ce qu’elle fait est de qualité que son superviseur juge bien correcte… mais que Pascale elle juge pitoyable en rapport à ce qu’elle sait qu’elle est capable de faire. En plus, elle doit rapporter régulièrement du boulot à la maison ou rester plus tard le soir au bureau, ce qui empiète sur sa vie de famille, alors qu’elle ne le faisait qu’exceptionnellement lorsque sa charge de travail était trois fois plus lourde. Lorsqu’elle arrive à la maison, elle veut profiter de sa vie de famille… alors le ménage, la vaisselle et le lavage, hop par dessus-bord! On joue, on dessine, on s’amuse, enfin un peu d’action !!!

Mais une fois les enfants au lit, elle constate l’état désolant de sa maison… et comme cela l’horripile au plus haut point et que son niveau de tolérance au désagréable est atteint depuis le matin, elle préfère passer le reste de sa soirée à faire des choses qui lui plaisent, comme discuter avec son conjoint, sortir voir des amis, lire ou même écouter des émissions insignifiantes à la télévision comme Hollywood Inc. Pascale procrastine de plus en plus souvent, et trouve sa vie de plus en plus platte… en plus de se dire qu’elle est de moins en moins efficace. Le moins elle en fait, le moins elle a envie d’en faire, et plus ça la déprime, ce qui lui coupe toute énergie lorsque des tâches ennuyeuses s’ajoutent à sa liste de choses à faire… Le cercle vicieux est bien installé, Pascale est dans une spirale d’ennui, de procrastination, de déprime et de dépréciation de son estime d’elle-même dans sa vie professionnelle et personnelle.

Sortir du bore-out

Se sortir d’une telle situation est plutôt complexe, car la personne n’a pas toujours la possibilité d’influencer la cause première de son bore-out. Dans une structure organisationnelle flexible, Pascale pourrait rapporter la situation à son superviseur et, si ce dernier est un gestionnaire plutôt ouvert, pourrait prendre le temps de discuter avec elle de façons dont Pascale pourrait modifier son travail comme en lui confiant de nouveaux dossiers ou projets qui misent sur ses qualités et ses compétences.

Par contre, dans une structure organisationnelle plus rigide, comme c’est le cas pour Pascale, on peut rencontrer plusieurs obstacles ce qui peut induire des délais importants pour mettre en place une structure de travail plus motivante pour Pascale… quand ce n’est pas carrément d’interdire tout changement. Dans ce second cas, pour sortir du bore-out, Pascale risque de devoir envisager une mobilité horizontale ou verticale au sein de son entreprise si c’est possible, donc un changement de poste, ce qui implique de faire le deuil de cet emploi qu’elle aimait tant mais qui n’est plus le même. Elle peut aussi proposer un projet de formation à son employeur, dans le but d’accéder à de nouvelles fonctions qui lui correspondent davantage.

Enfin, dans les deux cas, il faut savoir que ce n’est pas nécessairement évident d’aller voir son supérieur pour lui avouer que l’on s’ennuie parce que l’on manque de travail… surtout si ce superviseur a eu connaissance que nous avons parfois fait du temps supplémentaire… mais qu’il ignorait que c’était parce que la personne procrastinait et avait du retard! Cela demande une bonne dose de courage, car de tels aveux peuvent être fort mal reçus.

Finalement, si malgré tous ces efforts la situation perdure… il pourrait être indiqué pour Pascale de sortir de l’entreprise avant que la procrastination ne la paralyse complètement et que cette situation ne la rende malade.

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