Tout est dans le titre! Ce billet est rédigé dans le cadre du festival À la Croisée des Blogs, organisé ce mois-ci par DocG du blog En pleine conscience. C’est un groupement de blogueurs du développement personnel et ce festival a lieu une fois par mois, chacun hébergeant à tour de rôle le festival sur son blog. J’ai déjà participé à d’autres éditions (dont vous pouvez lire les textes dans la catégorie «Croisée des blogs»). Pour ce mois de mars, ce thème m’a beaucoup inspirée et je ne pouvais procrastiner avec un tel sujet!
Le changement est une constante dans la vie. Truisme? Encore faut-il en être conscient. Le changement est à la base de la survie. Nos organismes ainsi que tous ceux des êtres vivants sont le fruit de changements passés, présents et futurs. La capacité des organismes et des écosystèmes à évoluer, s’adapter… donc à changer est un pilier de leur pérennité. Mais je ne m’étendrai pas sur les aspects biologiques ou écologiques du changement ici.
Lorsque l’on pense au thème du changement pour les humains, on le conçoit souvent en terme de changements organisationnels ou personnels : on évolue en tant qu’organisation ou groupe, ou en tant qu’individus (et souvent les deux en même temps). C’est de cet aspect dont je souhaite discuter ici.
Posons d’abord quelques éléments. Les êtres humains ont tous, dans différentes situations et différentes mesures, des habitudes de fonctionnement, ou des automatismes si vous préférez. Le rôle de ces automatismes n’est pas de vous embêter, hé non! Même si parfois face à une personne vous pouvez vous dire, par exemple «Mais ce qu’il peut être gonflant avec ses petites habitudes de vieux garçon celui là…» en levant les yeux au plafond. Soyons humbles : nous avons tous nos automatismes, et ces derniers ont un rôle essentiel à jouer. Ce rôle est de permettre à l’individu d’économiser de l’énergie : lorsqu’un geste, une façon de faire ou de réfléchir devient un automatisme, il demande moins d’énergie à l’organisme pour le réaliser. Un chercheur qui rédige un rapport sur un modèle type pour la 10 000 fois remplit certaines sections qui sont toujours les mêmes de façon automatique; un athlète de natation qui effectue un virage a soigneusement programmé ses gestes afin qu’ils soient optimaux et peu énergivores pour bien gérer sa course. Les exemples sont nombreux; c’est la loi du moindre effort :).
Lorsque l’on induit un changement, on modifie une habitude plus ou moins bien ancrée chez un individu. Cela va le déstabiliser au moins à court terme; pensez, par exemple, au temps que cela vous prend pour cesser de vous tromper en écrivant l’année sur un chèque lorsque l’on passe le cap du 1er janvier. Selon plusieurs théories psychosociologiques, l’intégration d’un changement se réaliserait en trois grandes phases : la décristallisation, la transition et la recristallisation. L’intensité et la durée de ces phases dépend de l’écart entre la situation actuelle et la situation souhaitée (qu’elle soit consciemment souhaitée ou non par l’individu qui vit le changement). La décristallisation correspond à la période de remise en question d’un ou de plusieurs automatismes; la transition est la période d’initiation à de nouveaux modes de fonctionnement, d’expérimentations et est le moment où l’on peut constater une plus grande fatigue, une confusion inhabituelle et un sentiment d’incompétence ou d’inadéquation; la recristallisation correspond au retour progressif d’un certain «confort», les nouveaux modes de fonctionnement devenant subtilement de nouveaux automatismes.
Le changement peut provenir de trois types de déclencheurs, soit l’attrait de statisfactions plus élevées une fois le changement complété, l’insatisfaction relative à la situation actuelle qui dépasse la limite de ce que l’individu considère tolérable (ou encore l’appréhension de se retrouver dans une telle situation), ou une pression faite par une personne signifiante ou en autorité sur l’individu. Plus les déclencheurs sont présents ou intenses (ou les deux!), plus l’individu aura propension à accepter et intégrer facilement le changement. À l’opposé du spectre, moins ces déclencheurs seront présents ou intenses (ou les deux), plus l’individu aura tendance à s’opposer au changement, le questionner et aura du mal à l’intégrer.
Le changement doit s’appuyer sur des leviers afin de contrer les éventuels écueils auxquels il se heurtera… et croyez-moi, il y en a toujours au moins un! L’individu qui décide de changer un de ses automatismes doit en être conscient, prendre le temps de les identifier et observer sa propre évolution afin d’assurer le succès du changement qu’il met en œuvre. Lorsque le changement est demandé par une personne extérieure (par exemple un chef d’équipe en milieu de travail), c’est à la personne qui pilote le changement de s’assurer d’identifier ces leviers et écueils et de monitorer son intervention en conséquence.
Enfin, dans les éléments essentiels à considérer, il y a la nature du changement demandé. Cela semble évident à première vue, mais ça ne l’est pas. Plus le changement vise des éléments éloignés de la personnalité de l’individu, plus élevées sont ses chances de réussite. À contrario, plus le changement vise des éléments proches de la personnalité de l’individu, plus le risque d’échec est élevé. J’entends ici la notion de personnalité comme l’ensemble des comportements (pensée+agir=être) qui rendent unique chaque individu. Bien que le changement demandé ne vise pas nécessairement un élément unique à un seul individu, une personne peut s’identifier si fortement à cet élément (situation/habitude/automatisme) qu’elle l’a intégré et le perçoit comme partie prenante de sa personnalité. L’importance ici n’est donc pas que le changement vise ou non un élément qui FAIT partie de la personnalité d’une personne (ce qui peut être ardu à délimiter), mais que la personne visée par le changement le RESSENTE ainsi. Pourquoi? Parce que la personne aura l’impression en changeant de perdre une partie d’elle même… vous comprenez pourquoi certains changements en apparence anodins peuvent être très mal vécus? Entre autres pour ça
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Plus l’habitude est acquise depuis longtemps, plus il est difficile de l’abandonner. La peur de l’inconnu rend méfiant. On ressent davantage de satisfaction lorsque l’on maîtrise quelque chose (un geste, une situation) que lorsque l’on ne se sent pas en maîtrise. Il est difficile d’abandonner ce que l’on peut percevoir comme «une formule gagnante», i.e. qui a fait ses preuves dans le passé.
Peut-on réellement changer? Je crois que oui. Mais je crois qu’il faut surtout être réaliste face au changement. Le changement est une constante, on y fera face toute notre vie sous différentes formes. Certains seront beaucoup plus faciles que d’autres à intégrer. Pour d’autres, nous nous y opposerons farouchement aussi longtemps que nous en aurons la force, tant que les inconvénients de ne pas changer ne pèseront pas plus lourd dans la balance que ce que cette bataille nous coûte. Plus le changement que l’on souhaite faire concerne des éléments ancrés profondément en nous, depuis longtemps, auxquels on s’identifie comme personne unique, plus on doit soigner sa préparation, être à l’écoute de ses réactions et, au besoin, aller chercher du support et de l’encadrement pour mener le changement à terme.
Et, le plus important à mes yeux : changer demande de choisir. Choisir demande du courage, même si parfois c’est pour dire qu’en bout de ligne notre choix n’était pas génial. Moi, j’ai choisi de changer ma situation financière personnelle et d’arriver à l’endettement zéro. Cela m’a demandé du courage pour regarder ma vérité en face, faire l’inventaire des solutions possible et ensuite faire des choix. Maintenant que je suis engagée dans la transition, j’ai besoin de constance pour arriver à la cristallisation.
Vous, quel changement avez-vous effectué dernièrement?
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[...] Enfin, Mamazen du blog Objectif dette zéro pose la question Est-il possible de vraiment changer?. Elle débute par « Le changement est une constante dans la vie », puis nous explique les trois [...]




















Bravo pour ton article et ton courage de voir une autre réalité! Je suis en conformité avec ton approche. Je suppose que ton courage de changer est suite à une forme de chaos que tu ne supportais plus.
Si tu permets, je rajouterai cette subtilité: choisir c’est renoncer (à tout un tas d’autres choses). C’est pour cela que ce n’est pas toujours évident.
Germain.
Bonjour MamaZen, tout comme toi, j’ai décidé de changer ma situation fiancière, Je désire éliminer mes dettes le plus rapidement possible.
Comme tu dit, cela demande du courage, d’abord pour prendre conscience de notre problème, ne pas nier nos mauvaises habitudes qui nous ont conduit ou l’on se trouve financièrement, et ensuite du courage pour se remettre sur les rails et regarder droit devant.
Ce que l’on connaît, ce que l’on fait depuis des années, c’est confortable, c’est quelque chose qui ne demande pas d’effort. Mais changer, prendre des directions différentes, cela bouscule notre petit confort, nos habitudes de vie.
Mais la satisfaction est grande, lorsqu’on se rend compte que nos changements donne déjà des résultats. On se met à rêver de la liberté que cela nous procurera de ne pas avoir de dettes.
Un excellent texte de ta part, merci de l’avoir partagé avec nous:-)
Roooo voilà un article sur lequel je pourrais écrire des pages. Pas de panique ! Je m’en tiens à l’essentiel.
Peut-on changer ? Excellente question ! Je dirais qu’on peut s’adapter, oui. Optimiser des modes de fonctionnement et/ou re-ventiler les comportements-réponses en fonction des situations-problèmes rencontrées. Mais à mes yeux c’est plus une évolution qu’un réel changement. La stratégie diffère mais le soldat est rigoureusement pareil à lui-même… Il a juste acquis une nouvelle technique et appris à s’en servir.
Pour le changement, c’est un concept vachement hype pour le moment. Trop, à mon avis. Il y a des moments où moi ça me gonfle toutes ces théories sur la nécessaire déconstruction des stéréotypes et la valorisation de soi passant par l’adoption inconditionnelle d’autres valeurs que celles qu’on s’est forgées tout au long de sa vie. Faut dire que je suis enseignante dans le civil. Je ne suis pas toujours d’accord avec le “changement” à tout crin. Certains étudiants “fonctionnent” super bien avec leurs habitudes ancrées. Pourquoi faudrait-il les secouer comme des bananiers pour leur faire adopter un comportement qui risque de ne pas leur convenir et pour lequel ils ne sont pas du tout en demande ?
D’un autre côté, certains étudiants sont aussi dans des spirales négatives infernales et il n’y a pas moyen de les en sortir, tellement le conditionnement est fort.
Tout ça n’est pas simple.
Personnellement j’aime l’idée que le changement soit non pas un deuil mais un enrichissement. Il ne s’agit pas d’abandonner quelque chose, mais d’adopter un truc en plus. Un peu comme une famille qui s’agrandit. On ne renonce pas, on ne renie pas : on met une corde de plus à son arc.
Dans ce cas-là le choix n’est pas une épreuve. C’est une ouverture vers des possibilités supplémentaires. Choisir ce n’est plus éliminer des potentialités, c’est les additionner aux éléments déjà en place. Les accueillir, en quelque sorte. Et c’est surtout pouvoir trier en fonction de ce qu’on est : il faut respecter ses valeurs bien avant de les remettre en question ou de vouloir s’en séparer “pour un mieux”. Parfois le meilleur changement, c’est de refuser tout net un changement qui ne nous convient pas “ici et maintenant” :p
Je pourrais poursuivre en parlant de changements endogènes ou exogènes. Mais ça nous mènerait vraiment très loin
Merci merci merci pour ce super article ! Encore des comme ça !
Wonder Lisette.
Salut Fourmi Magique
Merci de ton commentaire! En effet, je ressens bien ce que tu dis: quand on fait du ménage dans ses habitudes financières et que l’on instaure de nouveaux comportements (pour remplacer ceux qui sont actuellement «inadéquats»), c’est loin d’être confortable! On se sent privés, punis, name it! C’est la frustration et c’est pire si on a en même temps le syndrome du voisin gonflable (my God que je suis contente de ne pas en être atteinte!)… mais un jour, on voit la différence, on voit les résultats jusque-là théoriques devenir tangibles et la satisfaction, l’espoir et le rêve renaissent!
En effet Wonder Lisette, c’est un sujet dont on pourrait discuter pendant des heures… que dis-je des jours entiers!
Comme tu le souligne, il est important de déterminer la nature du changement (ou de l’évolution si tu préfères
), ses impacts potentiels sur l’individu… sera-t-il bien reçu ou non? Pour quelles raisons? Y-a-t’il une valeur ajoutée à effectuer ce changement ou bien on change «4 trentes sous pour une piasse» comme on dit ici? Tes étudiants qui ont développé leur stratégies de métacognition à fond et qui fonctionnent bien, est ce que le jeu en vaut la chandelle de tout chambouler? Ou bien ce que l’on suggère s’avèrerait une corde de plus à leur arc? Tant de questions à prendre en compte lorsque l’on parle de changement… patience est donc un maître-mot lorsque l’on envisage un changement n’est-ce pas?
merci pour ton commentaire!
Germain, tu as TOUT À FAIT VU JUSTE
Et oui, j’abonde dans ce sens, choisir c’est renoncer… et même en CHOISISSANT le statut quo… on renonce à ce que les autres actions auraient pu nous apporter (tant les avantages que les inconvénients).
Pour ma part, mon processus de changement vient d’une motivation intrinsèque: je n’étais plus, physiquement, émotivement et intellectuellement, capable de supporter les conséquences d’une vie passée à jongler avec des dettes. Je vivais un peu comme si demain importait peu, que le temps arrangerait les choses, et ce fut pire: nous avons subi plusieurs contrecoups financiers, et la situation, de très supportable, s’est rapidement détériorée pour arriver à la limite de ce que je pouvais gérer. Je n’ai jamais eu autant d’ennuis de santé que cette année, je suis une fille très énergique et d’habitude en bonne condition physique… donc sur le même principe que quand ton char commence à péter de partout… quand c’est ton corps qui t’envoie des signaux à répétition, à un moment donné il faut que tu t’arrêtes et que tu l’écoutes!
Je dois dire que je suis assez fière d’avoir généré le processus de mon propre chef
ça prouve que je n’étais pas une cause perdue
Personne n’est une cause perdue, mais chacun doit trouver sa propre manière de relever la tête.
Je suis content d’être tombé sur un site avec un titre aussi évocateur. En effet pour quelqu’un qui été bien en dessous du zéro il y a 6 mois je m’en sors pas mal aujourd’hui et je suis content que d’autres comme toi cherche et trouve leur propre solution.
Merci pour cet article et pour ce site. Je te souhaite surtout bonne chance dans ta quête. J’espere surtout que tu renommeras vite ton site http://objectif-plusieurs-zero.com
car je me dit que plus important que de ne pas avoir de debit, c’est avoir du credit qui importe.
Mohamed
Juste une chose mama-zen les boutons doivent (selon mon avis très perso) être générateurs de confusion. J’ai failli accidentellement effacer tout mon poste, du fait d’une tendance a cliquer machinalement sur le bouton de droite.
Take Care
Bon, grâce à toi j’ai fini par sauter le pas et vider ma boîte à neurones. Ça n’a pas été facile, mais enfin, c’est fait!
À lire ton article je me dis que tu pourrais partir un blogue sur beaucoup de sujets variés… Est-ce que tu l’aurais envisagé? Bravo pour cette excellente soumission!
Mohamed, moi-même ça m’est arrivé à quelques reprises d’effacer mon post… par une tendance machinale à cliquer à droite! J’ai mis cela sur ma liste de «to-dos» éventuels
Merci Mohamed
bien sûr j’ai en tête l’objectif qu’un jour je devrai renommer mon site ha ha ha! D’ailleurs, mine de rien ça fait partie des motivations qui me poussent à continuer, même si ça a l’air nono dit comme cela mais j’ai hâte de pouvoir écrire sur l’autre versant… genre «my million dollar journey» ha ha ha
mais bon, je n’en suis pas là mais ça fait quand même plaisir de croire qu’un jour j’y serai!!! Bonne chance à toi aussi dans la continuation vers tes objectifs!!!
Toi, tu lis dans mes pensées… t’es pas parente avec Messmer ou Gary Kurtz par hasard??? Je dois dire que j’ai beaucoup d’idées, c’est de canaliser ces idées et mes énergies dans mes très courtes périodes de liberté d’écriture qui est moins évident! Mais je lis les trucs d’Argancel et ça se place doucement… et mes projets se précisent également
Merci de ton commentaire!!! Et j’espère que ta boîte à neurone n’est pas trop déboussolée
je dois dire que j’ai aussi beaucoup réfléchi avant, pendant et après avoir écrit ce texte moi-même.
Paru ce week-end dans La Libre (supplément Momento), un article intitulé “Voulez-vous vraiment changer ?”. Cet article fait suite au symposium annuel du Unilever Health Institute qui s’est tenu à Bruxelles ce samedi 6 mars 2010 avec pour thème “Promouvoir des comportements sains : quels challenges à relever ?”
L’article est disponible en ligne : http://www.lalibre.be/societe/divers/article/567194/voulez-vous-vraiment-changer.html
Très intéressant, avec notamment une interview du Professeur Jean Vinck qui souligne que la qualité des projets sur le terrain est au moins aussi importante que les variables environnementales dans l’échec ou le succès des campagnes.
Comme quoi avec le printemps qui va bientôt rappliquer (du moins je l’espère, gla gla gla), y a du changement dans l’air
Wonder Lisette.
Merci pour cette info Wonder Lisette
et pour l’avoir partagée avec nous!