Dans ce billet, j’avais souligné l’inégalité devant la crise entre les banques et la population. J’avais souligné à quel point nous n’avions pas le gros bout du bâton dans cette affaire, ce que l’étude publiée dernièrement par la Chaire de Léo-Paul Lauzon a clairement démontré. Les banques ont assemblé et nous ont ensuite refilé sans trop d’explications des produits titrisés obscurs pour qu’on en assume les risques parce ces derniers contenaient entre autres des subprimes… donc les risques de défaut de paiement sur ces produits étaient diablement plus élevés qu’il n’y paraissait.
Hier, un petit entrefilet dans le journal, suivant une nouvelle qui a également fait le tour assez vite de la blogosphère: huit banques sont sous enquête actuellement aux USA. Le but de cette enquête est de déterminer si ces banques ont fourni des informations trompeuses aux agences de notation pour faire gonfler la note de leurs titres hypothécaires! Tiens donc!
Ces banques sont: Goldman Sachs, Morgan Stanley, UBS, Citigroup, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Crédit Agricole et Merrill Lynch (cette dernière est aujourd’hui détenue par Bank of America).
On ne discute pas de cela depuis peu. En fait, il y a de cela un bon gros mois, un agent de la Securities Exchange Commission (la police de la bourse si vous voulez), a déposé une plainte contre Goldman Sachs et un de ses traders (Fabrice Tourre, un Français). Les reproches formulés par la Securities Exchange Commission envers Sachs sont d’avoir carrément trompé leurs clients en leur vendant des Collateralized Debt Obligations (des fonds communs de créances titrisées) ou CDO si vous préférez. Ces fameux CDO, pour rappel, font partie des produits dérivés adossés à des prêts immobiliers à risque.
Je vous rappelle que les prêts immobiliers à risque, les fameux SUBPRIMES, sont en grande partie à l’origine de la crise financière de 2008.
Quand fut le temps de sauver les banques de la faillite, elles se sont faites toutes piteuses en disant que si on n’investissait pas massivement pour les récupérer tout le système s’effondrerait. Le peuple, par la voix de ses gouvernement, a payé (et continue de le faire). Or, c’est à ce même peuple que ces banques ont vendu sans trop de remords ces produits financiers trop risqués pour qu’elles se les gardent pour elles mêmes. Je vous l’ai dit, les banques nous ont refilé les risques, les frais et se sont gardé le caviar et les profits!
Si tout cela était un film, je pense que j’oscariserais les banques et leurs dirigeants pour leurs admirables talents théâtraux. Là, on dit que les banques coopèrent à l’enquête et fournissent les renseignements demandés par la Securities Exchange Commission. Pour le moment, il s’agit d’une enquête et non de mises en accusations… ce qui changerait la donne bien sûr.
Moi, je me demande jusqu’à quel point elles vont coopérer?
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